L'Italie Secrète

Visiter Crema en Lombardie en 1 jour : itinéraire à pied

Table des matières

Vous envisagez une virée en Lombardie pour votre prochain séjour en Italie ? Je vous emmène avec cet article visiter Crema. J’y étais allée, il y a des années, lors de mon installation dans le nord de l’Italie, et je l’ai redécouverte récemment au cours de mes balades dominicales.

Rendue mondialement célèbre par le film de Luca Guadagnino, Call Me By Your Name (Oscar 2018), Crema ne se résume pourtant pas à ses décors de cinéma. C’est une ville d’art, de musique et de gastronomie, animée par de nombreux événements, qui se laisse découvrir au rythme lent d’une promenade à pied.

Dans ce guide, vous trouverez tous mes conseils pour explorer le patrimoine fascinant de Crema en une journée : entre palais aristocratiques aux jardins cachés, églises aux décors intérieurs exubérants et traditions artisanales.

C’est parti !

Où se trouve Crema en Italie ?

Située dans la plaine du Pô, cette ville du nord de l’Italie fait partie de la province de Crémone, célèbre cité des luthiers. En bordure de Crema s’écoule la rivière Serio, qui a donné son nom au parc régional environnant, un lieu idéal pour les amateurs de randonnée.

Dans cet article, vous découvrirez comment visiter Crema.

Que voir à Crema en Italie ?

Cette petite cité lombarde d’à peine 35 000 âmes n’appartient pas aux circuits touristiques classiques. Pourtant, elle recèle bien des trésors, parfois cachés derrière des façades sobres et austères. Ces intérieurs vous émerveilleront par la beauté de leurs chefs-d’œuvre artistiques.

Crema a le mérite de se visiter entièrement à pied, car tous ses centres d’intérêt se concentrent dans le périmètre de son ancienne enceinte fortifiée, dont on aperçoit çà et là quelques vestiges. Seul le sanctuaire Santa Maria della Croce est à l’écart (à environ 1,5 km). Toutefois, vous pouvez vous y rendre tranquillement en empruntant une longue allée ombragée partant de la Porta Serio.

Voyons maintenant les sites à explorer en prenant votre temps.

Visiter Crema, c'est découvrir le torazzo sur la Piazza Duomo
Piazza Duomo et le Torrazzo
les batisses à arcades sur la Piazza Duomo à Crema en Italie
Piazza Duomo et ses arcades

Porta Serio et Porta Ombriano

Ces deux portes marquent l’entrée dans le cœur de Crema. Ces accès monumentaux de style néoclassique, placés à l’opposé l’un de l’autre, sont reliés par un axe principal composé des rues via XX Settembre, via Manzoni et via Mazzini. C’est ici que se concentrent les magasins (surtout de vêtements) et que les locaux aiment faire leur passeggiata.

Reconstruites entre 1805 et 1807 à l’emplacement des anciennes fortifications médiévales largement démolies au XIXe siècle, elles ouvrent aujourd’hui la voie vers la plus belle place de Crema, la Piazza Duomo.

La Piazza Duomo

L’élégante place se déploie en U autour du Duomo (la cathédrale). Entièrement réaménagée au XVIe siècle sous la domination vénitienne, elle révèle une harmonie architecturale extraordinaire, mêlant les influences lombardes et vénitiennes de la Renaissance à des édifices plus anciens.

Elle réunit les pouvoirs politique et religieux. Les superbes édifices à arcades témoignent encore de la richesse passée de la ville.

Il Duomo di Crema

Cet édifice en brique rouge s’impose avec sa remarquable façade gothique-lombarde. L’église d’origine fut presque entièrement détruite en 1160 par Frédéric Barbarousse, qui châtiait ainsi l’insurrection de la ville contre le Saint-Empire romain germanique. Reconstruite entre 1284 et 1341, la cathédrale a été magnifiquement restaurée au milieu du XXe siècle.

L’intérieur, sobre et élégant, se compose de trois nefs sous des croisées d’ogives. Les chapelles abritent des fragments de fresques et des tableaux mettant en scène la Vierge, le Christ et San Pantaleone, le saint patron de cette commune du nord de l’Italie.

Ne manquez pas le Crocifisso (le Crucifix), une œuvre sculptée en bois extraordinaire qui fait l’objet d’une grande vénération, ainsi que le magnifique orgue Tamburini, symbole d’un savoir-faire artisanal séculaire à Crema (derrière l’autel).

La crypte conserve les vestiges de l’ancien édifice roman.

Si l’accès à la cathédrale est gratuit. En revanche, celui à la crypte est payant. Le prix du billet est de 5 euros. Pour l’achat, rendez-vous derrière la cathédrale, la visite est guidée (en italien). Pour 5 euros supplémentaires, vous grimperez au sommet du campanile (jusqu’aux cloches) pour admirer le panorama d’en haut.

Personnellement, j’ai opté pour la crypte. À voir, si vous êtes passionnés d’archéologie, sinon vous pouvez passer.

Horaires : Samedi, dimanche et jours fériés (10h-12h30 / 14h-18h en hiver ; 10h-12h30 / 13h30-19h en été). Fermé les 24, 25 et 26 décembre.

Vue sur le Campanile de Crema
Le Campanile du Duomo
le christ en bois à l'intérieur du Duomo de Crema
Christ crucifié en bois sculpté
Détail de la façade du duomo de Crema
Façade du Duomo

Le Palazzo Comunale

Le Palais Communal se dresse dans toute sa magnificence face au Duomo. Érigé en 1525 pour remplacer l’ancien siège du pouvoir, sa façade expose les blasons des podestats vénitiens ayant gouverné la cité (ils étaient renouvelés tous les 16 mois).

L’édifice intègre admirablement des structures plus anciennes telles que le Torrazzo, la Torre Guelfa et le Palazzo Pretorio. Aujourd’hui encore, après quelques aménagements, les bureaux et les salles de représentation de la municipalité de Crema y sont toujours hébergés.

La Torre Guelfa

Cette tour médiévale est la construction la plus ancienne de l’ensemble architectural (1286), bien que sa fenêtre en pierre de taille apporte une touche Renaissance. Ici encore s’affiche le Lion de Saint-Marc, rappelant le symbole du pouvoir de la Sérénissime sur Crema.

Le Palazzo Pretorio

Juxtaposé à la Torre Guelfa, le Palais Prétorien complète l’ensemble architectural de la place en y apportant une délicate note baroque. Il fut édifié en 1548 afin de loger les podestats, ces magistrats qui dirigeaient la cité pour le compte de la République de Venise.

Visiter Crema, c'est découvrir les superbes batisses de Piazza Duomo, dont le Palazzo Comunale
Le Palazzo Comunale
Visiter Crema et la superbe Piazza Duomo où se dresse le Palazzo Pretorio et la Tour Guelfa
Le Palazzo Pretorio et la Tour Guelfa

Le Palazzo Vescoville

Ce palais fut construit la même année, en 1548, pour accueillir initialement le Collège des notaires et des marchands (mercanti). Sa destination changea radicalement en 1580, année où Crema fut élevée au rang de diocèse. L’édifice fut alors offert au premier évêque de la ville pour en faire sa résidence officielle.

En vous aventurant de l’autre côté de la place de la cathédrale, vous découvrirez les quartiers résidentiels historiques de Crema. Calmes et agréables, ils se dévoilent au gré de jolies places et ruelles pavées bordées de palais remarquables, témoins de l’opulence et du prestige des grandes familles nobles des siècles passés.

En empruntant la très étroite ruelle Grassinari ou la Via Marazzi (sa parallèle), vous déboucherez sur la Piazza Trento e Trieste, une ancienne place de marché où se côtoient des bâtisses de différentes époques.

Piazza Trento e Trieste

Rebaptisée plusieurs fois au cours des siècles, cette ancienne place de marché raconte les métamorphoses de la vie crémasque.

L’église San Domenico et son couvent (XVe siècle) en sont les constructions les plus anciennes ; la façade de l’église rappelle d’ailleurs celle du Duomo. Après la fermeture du couvent, ce lieu de culte a connu diverses fonctions avant d’abriter aujourd’hui le théâtre de Crema et une école de musique.

À quelques pas se dresse le marché couvert, le Mercato Austroungarico. Inauguré en 1842, il fut construit pour célébrer la visite de l’empereur François Ier d’Autriche dans le Royaume Lombard-Vénitien. De l’autre côté de la place, on aperçoit la petite église Santo Spirito e Santa Maddalena, transformée en auditorium.

Enfin, au beau milieu de la place, trône le Monumento ai Caduti (Monument aux morts), une œuvre sculptée par l’artiste Dazzi.

En poursuivant votre balade par la via Buso, vous arriverez sur une autre placette : la Piazza Premoli.

Le théatre de Crema et le monument aux morts per la patrie à voir Piazza Trento e Trieste à Crema
Le théatre de Crema - Piazza Trento et Trieste
Le Mercato austroungarico - Piazza Trento e Trieste

Piazza Premoli

La place porte le nom de la famille Premoli, l’un des propriétaires successifs de l’imposant palais qui attire immédiatement le regard.

Érigé par la famille Patrini au XVIIIe siècle, le Palazzo Patrini Premoli Pozzali est célèbre pour son majestueux cèdre du Liban séculaire, qui dépasse largement les murs de son jardin. Depuis 1974, la famille Pozzali en est l’actuelle propriétaire.

Pour les cinéphiles, ce lieu a servi de décor au film de Luca Guadagnino, « Call me by your name » (Oscar 2018). Si vous êtes fan, sachez que la Proloco (Piazza Duomo, 22) propose un itinéraire dédié aux lieux de tournage.

Un peu plus loin se dresse le Palazzo Vimercati Sanseverino. Il appartient toujours à la famille qui le fit bâtir à la fin du XVIe siècle. Son entrée principale, située sur la via Benzoni, impressionne par son fabuleux portail d’honneur, surmonté d’un grand tympan où trône le blason en marbre de la lignée. Pourvu d’une cour intérieure et d’un superbe portail en fer forgé, le palais accueille aujourd’hui des bureaux, une association culturelle ainsi que des appartements privés.

Ces magnifiques bâtisses ne sont pas les seules à Crema. En effet, tout au long de votre déambulation, vous en croiserez de nombreuses dont les façades – qui ne paient parfois pas de mine – dissimulent des merveilles artistiques et des jardins secrets. N’hésitez pas à jeter un regard discret si une porte cochère est entrouverte !

Ces demeures étant pour la plupart privées et habitées, elles ne s’ouvrent au public que lors d’occasions exceptionnelles. La Proloco propose toutefois des visites guidées, généralement le dernier dimanche du mois, pour découvrir les palais Marazzi et Zurla de Poli.

À défaut de ces journées spéciales, vous pouvez toujours entrer dans le Palazzo Benzoni. Devenu le siège de la bibliothèque municipale, il permet d’admirer librement son architecture pendant les heures d’ouverture (du mardi au vendredi de 9h30 à 18h30 (en continu) ; le samedi de 9h00 à 12h30).

Pour ne rien manquer de ces joyaux architecturaux, voici un itinéraire à pied, suggéré au départ de la piazza Premoli. Vous pouvez bien sûr l’adapter selon vos envies grâce à la carte ci-dessous, sur laquelle j’ai répertorié tous les lieux signalés dans cet article.

Mon conseil : faites toute la via A.Fino, au départ de la Piazza Premoli. Cette ruelle élégante est bordée de magnifiques demeures aristocratiques admirablement restaurées. En semaine, certaines portes cochères sont laissées volontairement ouvertes par les propriétaires.

Les armoiries au-dessus de la porte cochère du palais Premoli à voir à Crema en Lombardie
Armoiries au-dessus de la porte cochère du Palazzo Premoli
L'immense cèdre du Liban débordant du jardin du Palazzo Premoli à voir à Crema
Le cèdre du Liban du Palazzo Premoli

Itinéraire pour admirer les demeures aristocratiques de Crema

Je vous propose dans cet itinéraire les palais les plus emblématiques, ayant appartenu aux familles les plus influentes de Crema. Au cours de votre promenade, vous remarquerez d’innombrables superbes façades dans les rues citées, et tout particulièrement via A. Fino.

Découvrir les cours intérieures des palais de Crema
Découvrir à Crema les jolies portails en fer forgé des demeures aristocratiques

Palazzo Zurla – Fadini (Via Alemanio Fino, 20)

Voisin du Palazzo Pozzali, cet édifice se distingue par sa façade sobre et sévère, rythmée par des décorations en pierre de taille et un élégant balcon en fer forgé. Bien que son histoire architecturale reste méconnue, son portail orné du blason des Zurla permet de dater sa construction avant 1611. Après être passé entre les mains de la famille Barbetta, il appartient depuis 1860 à la famille Fadini.

Palazzo Vimercati (Via Matteotti, 39)

C’est l’un des rares bâtiments publics de ce type avec le Palazzo Benzoni. Alors qu’on l’a longtemps cru reconstruit au XVIIIe siècle, des restaurations récentes ont révélé de somptueux plafonds décorés du XVe siècle, suggérant même un lien avec le célèbre condottiere Bartolomeo Colleoni.

Propriété de la famille Vimercati jusqu’en 1815, l’édifice est ensuite devenu un centre névralgique de la vie publique, accueillant successivement la sous-préfecture, divers partis politiques et, plus récemment, les bureaux de la province de Crémone.

Palazzo Benvenuti Arrigoni (Via Cavour, 8)

Cette demeure mérite un coup d’œil pour son architecture raffinée. Contrairement aux autres, le Palazzo Benvenuti Arrigoni n’expose pas sa façade directement sur la rue. Un long couloir mène à un portail qui s’ouvre sur un superbe jardin à l’italienne, niché entre les trois ailes de la bâtisse. 

À vrai dire, vous risquez comme moi d’être surpris et déçu. Depuis la rue, seule une toute petite porte est visible, ne laissant rien deviner de la beauté des lieux.

Palazzo Benzoni (Via Civerchi, 9)

Résidence des comtes Benzoni jusqu’en 1795, le palais actuel date de 1627. Son élément le plus remarquable est son somptueux portail baroque, initialement sculpté pour une villa qui ne vit jamais le jour. Après avoir servi d’hôpital puis de tribunal, l’édifice a retrouvé une seconde jeunesse en 2002 en devenant le siège de la Bibliothèque Municipale. C’est l’un des rares palais accessibles au public, idéal pour admirer de magnifiques plafonds décorés du XVIIe siècle.

Décoration à l'intérieur du Palazzo Benzoni, devenu la bibliothèque de Crema
Décorations intérieures Palazzo Benzoni

Palazzo Barbàra (Via Civerchi, 12)

Bien que ses formes actuelles datent des XVIIe et XVIIIe siècles, les origines de ce palais remontent au XVe siècle, lorsqu’il appartenait à la famille Vimercati. En 1816, la demeure passa à la famille Bottesini. C’est ici que naquit Giovanni Bottesini (1821-1889).  Surnommé le « Paganini de la contrebasse », ce virtuose et compositeur de génie mena une carrière prestigieuse. Chef d’orchestre de renommée internationale, il marqua l’histoire en dirigeant la première de l’Aida de Verdi au Caire en 1871.

Palazzo Zurla De Poli (Via Tadini, 20)

Édifiée en 1520 par Leonardo Zurla comme pavillon de chasse, cette demeure est un véritable joyau de la Renaissance lombarde. Derrière sa façade sobre se cache un intérieur fastueux. Son Salon d’Honneur est orné d’un cycle de fresques dédié à « Amour et Psyché », réalisé par les maîtres de l’époque.

J’ai eu la chance de découvrir son jardin. Alors que je prenais une photo de la façade, son sympathique propriétaire est sorti et m’a ouvert la porte pour me permettre d’admirer les lieux.

Les jardins du Palazzo Zurla de Poli à Crema
Les jardins du Palazzo Zurla de Poli

Palazzo Benzoni Scotti Martini Donati (Via Marazzi, 7)

Érigé au tournant du XVIe siècle par le capitaine Socino Benzoni, ce palais est lié à un épisode clé de l’histoire locale. En 1509, après la défaite vénitienne d’Agnadello, Socino convainquit la ville de se rendre sans combat au roi de France Louis XII. Ce choix, qui lui valut d’être pendu pour trahison par les Vénitiens un an plus tard, permit toutefois de sauver Crema du pillage. 

L’histoire familiale se poursuit avec Paola Benzoni, dont le fils inspira à Alessandro Manzoni le célèbre personnage de l’« Innominato » dans son chef-d’œuvre Les Fiancés. Après être passée aux mains des comtes Scotti, puis de la famille Martini, la demeure fut acquise en 1932 par la famille Donati, qui en est toujours l’actuelle propriétaire.

Palazzo Marazzi (Via Marazzi, 14)

Situé presque en face du précédent, ce palais est la demeure historique de la famille Marazzi, installée ici depuis le XVIIIe siècle après avoir racheté d’anciens édifices médiévaux. Le bâtiment est réputé pour son élégante cour intérieure et ses salles décorées qui ont vu défiler des figures majeures de l’histoire italienne. Toujours privé, il ouvre parfois ses portes pour des concerts ou des visites guidées le dernier dimanche du mois.

Palazzo Bondenti Terni de Gregory (Via Dante, 22)

Étape finale et incontournable de cet itinéraire, ce palais situé face au Musée Civique est sans doute le plus bel exemple de style « Barocchetto » (Rococo) de la ville. Son histoire débute en 1698, lorsque le comte Nicolò Maria Bondenti décide de bâtir une demeure à la mesure de son titre de noblesse fraîchement acquis auprès de la République de Venise.

Si les superbes statues ornent la façade depuis 1716, le chantier s’est brutalement arrêté en 1737 suite au décès du comte. En observant bien l’édifice, vous remarquerez d’ailleurs que l’aile droite est restée inachevée. Depuis l’extinction de la lignée Bondenti, le palais appartient à la famille Terni de’ Gregory.

Juste en face se dresse le couvent de Sant’Agostino, un complexe monumental fondé au XVe siècle qui abrite aujourd’hui le Musée Civique de Crema.

Les armoiries de la famille Bondenti sur le fronton de l'entrée du Palazzo Bondenti-Terni de Gregory à Crema
Armoiries de la famille Bondenti - Palazzo Bondenti-Termi de Gregory
Détail des ornements du Palazzo Terni de Gregory à découvrir lors d'une visite à Crema
Palazzo Terni de Gregory

Le Museo Civico di Crema e del Cremasco

Sous la domination napoléonienne, il perdit sa fonction religieuse et son église fut démolie en 1830. Après une période de décadence et divers usages, l’édifice fut racheté en 1959 par la Ville, qui le restaura pour y ouvrir le musée actuel, tout en préservant ses magnifiques cloîtres.

Le grand réfectoire, où les moines prenaient leurs repas quotidiens, conserve de superbes fresques de Pietro da Cemmo réalisées en 1507. L’ensemble illustre des scènes de la Crucifixion et du dernier repas du Christ. Endommagées au cours du temps, les travaux de restauration ont permis de mettre en lumière la synopie (le dessin préparatoire) de la « Dernière Cène » qui y est exposée.

Riche et varié, le musée s’articule autour de plusieurs sections.

L’archéologie : vous y découvrirez des vestiges illustrant les racines profondes de ce territoire, de la Préhistoire à l’époque lombarde,

La Pinacothèque : elle rassemble de nombreuses œuvres allant du XVIe au XXe siècle, mettant à l’honneur des peintures d’artistes locaux et nationaux. Pour les connaisseurs, voici quelques noms incontournables : Vincenzo Civerchio, Gian Giacomo Barbelli, Tommaso Picenardi, Eugenio Giuseppe Conti, Carlo Fayer et Luigi Manini.

La Casa Cremasca : Cette section était malheureusement fermée lors de mon passage.
Elle propose une immersion dans l’intérieur typique d’une ferme (la cascina) de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. L’agriculture étant la principale activité économique de la région jusqu’au milieu du XXe siècle, on y présente des objets du quotidien ainsi que les techniques de culture du lin et de fabrication des tissus.

L’insolite section des orgues : on y découvre une tradition locale très ancrée. Un savoir-faire artisanal d’excellence dans la fabrication d’orgues s’est développé ici à partir du XIXe siècle, notamment grâce aux célèbres sociétés Inzoli et Tamburini.
Saviez-vous que les orgues du Dôme de Milan et de celui de Messine, qui comptent parmi les plus grands d’Europe, proviennent de Crema ?

La section égyptienne : bien qu’elle ne soit pas directement liée à l’histoire locale, elle présente une collection de 200 pièces léguées au musée en 2011 par des collectionneurs de la région.

Les machines à écrire : cette petite section très intéressante retrace l’histoire de l’évolution des machines à écrire. Elle met à l’honneur la production locale avec les modèles Serio et Everest, ainsi que la célèbre marque Olivetti (avec sa première machine à quatre rangées de touches).

L’Archéologie fluviale : le clou de la visite reste sans doute les quatre pirogues monoxyles trouvées dans les sables de la rivière Adda. Cette découverte rare fascine. Il s’agit en effet d’embarcations creusées dans un seul tronc d’arbre à l’aide d’outils en pierre, en métal ou par le feu. Ce sont les plus vieilles formes de navigation documentées en Europe, dont la production remonte pour certaines au Mésolithique.

Horaires d’ouverture : mardi de 14h30 à 17h30 ; du mercredi au vendredi de 10h00 à 12h00 et de 14h30 à 17h30 ; samedi, dimanche et jours fériés de 10h00 à 12h00 et de 15h30 à 18h30. L’entrée est gratuite.

Bon à savoir : Bien qu’une fiche descriptive des salles vous soit remise à l’arrivée, le parcours de visite manque parfois de clarté car les pancartes indicatives sont malheureusement inexistantes. Heureusement, des bénévoles du Touring Club sont souvent présents pour accompagner les visiteurs dans la découverte de cet immense complexe religieux.

Après avoir exploré les collections du Musée Civique, poursuivons notre découverte de Crema à travers son patrimoine sacré. À deux pas de là, se dressent des édifices religieux qui témoignent d’une immense richesse artistique. Leurs façades avec peu d’ornements cachent souvent des intérieurs baroques exubérants.

Une rareté à visiter à Crema sont les pirogues monoxyles du musée municipal
Les pirogues monxyles
la machine à écrire des partitions, une rareté à voir au musée municipl de Crema en Italie
La machine à écrire des partitions
L'atelier de fabrication des orgues, un lieu à visiter à Crema dans le musée municipal
L'atelier de fabrication des orgues

Les églises à visiter à Crema

Au cours de votre séjour à Crema, vous noterez très certainement, la présence d’innombrables lieux de culte dont certains composaient autrefois de vastes complexes monastiques.

Hormis le Duomo dont je vous parlais plus haut, il y en a quatre à ne pas manquer : la Chiesa della SS. Trinità, la Chiesa Santa Maria delle Grazie, l’Oratoire San Giovanni Battista et le Sanctuaire Santa Maria della Croce.

Pour les autres, rien ne vous empêche d’y jeter un coup d’œil !

Chiesa della SS. Trinità

Construite dès 1737, cette église est un magnifique exemple du style Rococo. Bien qu’elle soit nichée dans une rue étroite, elle impressionne par son élégance et sa hauteur. Elle possède deux façades qui se rejoignent par un angle arrondi, donnant l’illusion d’une seule paroi continue. À l’intérieur, le décor est riche et raffiné, mais le plus impressionnant reste l’abside : elle est ornée d’une fresque en trompe-l’œil absolument spectaculaire.

Chiesa Santa Maria delle Grazie

L’histoire de cette église est née d’un miracle. Tout a commencé avec une peinture de la Vierge sur un mur des remparts de la ville (le Torrione), à laquelle les habitants étaient si attachés qu’ils ont fini par construire cette église, entre 1601 et 1613, pour l’abriter.

Si la façade reste très sobre, l’intérieur vous laissera bouche bée. Les murs et le plafond sont entièrement recouverts de fresques réalisées par Gian Giacomo Barbelli, le maître du baroque local. Elles racontent avec une richesse infinie la vie de la Vierge.

L'Oratoire de San Giovanni Battista

Ce petit édifice, construit à la fin du XVIe siècle a été bâti à l’endroit exact où se trouvait, selon la tradition, la maison de Caterina degli Uberti (la jeune femme à l’origine du célèbre sanctuaire de Santa Maria della Croce).

En poussant la porte, vous découvrirez un joyau de la peinture du XVIIe siècle. Les murs et la voûte sont intégralement recouverts de fresques de Gian Giacomo Barbelli.

Le Sanctuaire Santa Maria della Croce

L’histoire de ce monument emblématique commence par un événement tragique et miraculeux survenu en avril 1490. Caterina degli Uberti, une jeune femme mortellement blessée par son mari, vit une apparition de la Vierge qui lui permit de recevoir les derniers sacrements avant de s’éteindre. Très vite, le lieu devient un centre de pèlerinage et la construction de l’église actuelle débute peu après.

Contrairement aux églises classiques, le sanctuaire surprend par sa forme circulaire et son allure de « tour » élégante. Conçu par l’architecte Giovanni Battagio (un élève du célèbre Bramante), l’édifice est un chef-d’œuvre de la Renaissance. L’extérieur est un magnifique jeu de briques rouges et de galeries circulaires ornées de colonnettes. Sa structure est composée d’un grand corps central surmonté d’une coupole, autour duquel s’articulent quatre petites chapelles, formant ainsi une croix grecque si on l’observe de haut.

L’intérieur abrite des œuvres d’artistes majeurs de la région, dont des toiles de Campi et des fresques de la famille de peintres locaux, les Grandi. Sous l’autel principal, une petite crypte (ou scurolo) rappelle l’endroit exact de l’apparition, où les fidèles viennent encore aujourd’hui se recueillir.

La chiesa delle Grazie, une église incontournable à visiter à Crema
Façade de la Chiesa delle Grazie
Les fresques du sanctuaire Santa Maria della Croce à voir à Crema
Les fresques du sanctiare Santa Maria della Croce
La façade de la Chiesa S.S Trinità, un joyau à visiter à Crema
Façade de l'église S.S. Trinità

Comment arriver à Crema ?

En voiture ou autre véhicule

Crema bénéficie d’une position stratégique au cœur de la Lombardie. Située précisément au carrefour des grands axes régionaux, elle constitue une étape naturelle sur la route reliant Milan à Crémone (son chef-lieu de province), mais elle est également idéalement placée sur l’axe entre Bergame et Brescia. Cette proximité en fait une excursion d’une journée idéale si vous séjournez dans l’une de ces cités d’art voisines.

  • Depuis Milan : empruntez la SP415 (Paullese), une voie rapide qui vous permet de rejoindre Crema en environ 50 minutes.
  • Depuis Crémone : remontez la SS415 vers le nord. Le trajet est direct et prend environ 40 minutes à travers la plaine fertile.
  • Depuis Bergame ou Brescia : La ville est parfaitement accessible via la SS591 ou en utilisant l’autoroute A35 (BreBeMi).

Une fois arrivé aux abords de la ville, suivez les indications pour le centre historique (« Centro »), mais gardez à l’esprit que le cœur médiéval est protégé (voir nos conseils de stationnement ci-dessous).

Conseils pour circuler et stationner

Le centre historique de Crema est une Zone à Trafic Limité (ZTL), strictement réservée aux résidents. Ne vous y aventurez surtout pas sous peine d’amende ! Pour visualiser les accès contrôlés, vous pouvez consulter la carte officielle des accès ZTL.

Pour stationner sans stress et gratuitement, je vous conseille le parking Multisala Porta Nova. On trouve de nombreuses places dans ce quartier, situé à seulement 10 minutes à pied du centre. On y arrive directement par la via Fadini. C’est là que j’avais laissé ma voiture pour la journée ; il y a d’ailleurs à proximité un supermarché qui peut s’avérer utile.

Il existe bien sûr d’autres parkings en bordure de la vieille ville ou plus centraux. Pour les parkings payants (du lundi au samedi, de 8h à 13h et de 14h à 19h30), les tarifs varient selon la zone :

  • En plein centre-ville : 1,50 €/h (minimum 0,80 €).
  • Autres zones : 1,00 €/h (minimum 0,50 €).

Vous pouvez régler en espèces ou par carte bancaire directement sur les horodateurs.

En train et bus

La gare de Crema est située sur la ligne Treviglio-Crémone. Si vous arrivez de Milan, il suffit de prendre un train régional depuis la gare de Milano Centrale ou Milano Lambrate avec un changement à Treviglio. Le trajet total dure environ 1h. Une fois arrivé à la gare de Crema, vous n’êtes qu’à une dizaine de minutes à pied du centre historique.

En provenance d’autres villes, des changements seront nécessaires. Pour organiser votre trajet, consultez le site www.trenitalia.com.

Pour le bus, la compagnie Autoguidovie assure des liaisons régulières avec les villes voisines, notamment Milan.

Informations pratiques pour visiter Crema

Meilleure période pour découvrir Crema

En théorie, Crema se visite toute l’année. Toutefois, le printemps (avril à juin) et le début de l’automne (septembre et octobre) restent les moments les plus agréables pour éviter la chaleur humide de la plaine du Pô.

Pour vivre l’ambiance locale, n’hésitez pas à caler votre visite sur l’une des nombreuses fêtes qui animent la commune.

En hiver

Le célèbre Carnaval de Crema (février-mars) avec ses défilés sur la Piazza Duomo, ou la magie de Noël avec le Presepe dei Sabbioni, une crèche artistique monumentale.

Au printemps

La Fiera di Santa Maria (mars) et ses manèges, ou la Festa del Salame (avril-mai) pour les gourmands.

En été

C’est la pleine saison de la gastronomie et de la culture avec les concerts de Culturacrema Estate et surtout la fameuse Tortellata Cremasca en août, pour déguster les tortelli en plein air.

Le Musée Civique propose également des expositions et des événements culturels tout au long de l’année.

Les spécialités gastronomiques de Crema

Impossible de quitter la ville sans goûter aux plats locaux, héritiers des traditions paysannes de la « Bassa » (la plaine du Pô).

Pour commencer avec l’antipasto (l’entrée), le Salva Cremasco DOP est un fromage de table à pâte crue, traditionnellement servi avec des tighe (petits poivrons verts marinés dans l’huile et le vinaigre). Accompagnez-le du Salame Nostrano Cremasco, un saucisson préparé selon des recettes ancestrales avec des viandes maigres et affiné jusqu’à 18 mois pour obtenir une texture fondante et un goût intense.

Continuez avec les Tortelli Cremaschi. C’est la star absolue de la ville ! Ces pâtes en forme de demi-lune sont une explosion de saveurs inattendues. Farcis d’un mélange d’amaretti au cacao, de raisins secs, de cédrat confit, de muscade et même de pastilles de menthe, ils offrent un équilibre parfait entre le sucré-épicé du cœur et le salé du beurre fondu et de la sauge. On raconte que cette recette est née sous la domination vénitienne, seule époque où ces épices d’Orient arrivaient jusqu’à Crema.

Et pour finir en beauté, la Torta Bertolina vous attend à l’automne. Ce gâteau est indissociable des vendanges car il se prépare avec de l‘uva fragola (raisin fraise), une variété de raisin noir très sucrée.  À l’origine faite avec une pâte à pain, on la trouve aujourd’hui sous une forme plus moelleuse.

Tous les restaurants de Crema proposent les Tortelli à leur carte. Personnellement, j’ai fait une pause gourmande au restaurant Bosco (via IV novembre, 111). C’est un lieu raffiné mais convivial, installé dans une authentique ferme lombarde du début du XXe siècle qui a conservé son architecture originale.

Visiter Crema est une expérience qui va bien au-delà de la simple étape touristique. C’est découvrir et vivre le quotidien d’une petite ville de province italienne, élégante et dynamique, dont les édifices cachent des siècles d’histoire sous l’influence de la puissante République de Venise.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette cité lombarde si vivante. Alors, que vous soyez un passionné d’architecture, un amateur de cinéma en quête des lieux de tournage d’Elio et Oliver, ou simplement un gourmet impatient de goûter aux fameux Tortelli, j’espère que cette ville saura vous charmer autant que moi. Laissez-vous séduire par son hospitalité, la beauté de ses places, ses ruelles pavées bordées de magnifiques palais et son atmosphère unique.

Je vous donne rendez-vous très bientôt pour parcourir ensemble d’autres lieux secrets d’Italie !

Que ce soit pour échanger sur cette destination ou pour me poser une question générale, écrivez-moi. Je me ferai un plaisir de vous lire et de vous répondre.

Et si vous souhaitez créer votre voyage en Italie en toute autonomie, avec l’aide d’un expert local, retrouvez-moi sur Planexplora ! Je serais ravie de vous guider en tant que PlanExpert Italie.

À bientôt !

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Nadine Georges
Nadine Georges est la fondatrice du blog "L'Italie Secrète". Si vous souhaitez mieux connaître ce pays aux multiples facettes et explorer de nouvelles destinations, loin du tourisme de masse et des grands centres urbains, alors suivez-moi !